Piraterie Déguisée : Les Forces d’Occupation Interceptent un Navire Humanitaire en Mer

Piraterie Déguisée : Les Forces d’Occupation Interceptent un Navire Humanitaire en Mer

Ce qui s’est passé lors de l’attaque des forces d’occupation israéliennes contre le navire Madrin et l’arrestation de son équipage, le lundi de mai/juin 2025, constitue un nouveau crime ajouté au long registre des violations d’Israël à l’égard de quiconque tente d’apporter une aide à Gaza assiégée. Le navire, transportant des activistes civils de diverses nationalités et des fournitures humanitaires, ne représentait aucune menace pour la sécurité d’Israël comme allégué ; il menaçait plutôt le récit de l’occupation justifiant le blocus comme normal ou défensif, alors qu’en réalité, le blocus est illégal, inhumain et constitue une punition collective interdite par le droit international.

D’un point de vue légal, l’interception d’un navire civil dans les eaux internationales, son assaut par la force et la détention de ses passagers constituent une violation manifeste de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, qui garantit la liberté de navigation et interdit à tout État de contrôler des navires désarmés en haute mer, sauf dans des cas exceptionnels tels que la piraterie, le trafic de drogue ou l’esclavage — aucun de ces cas ne s’applique au navire brisant le blocus. Les actions d’Israël constituent ce que le droit international classerait généralement comme de la “piraterie maritime”, bien que commise par un État sous un prétexte sécuritaire fallacieux.

Selon le droit international humanitaire, la poursuite du blocus, l’empêchement de l’aide humanitaire et l’arrestation d’activistes pacifiques constituent une violation directe de l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit les punitions collectives et considère le blocus économique et la famine délibérée comme des crimes de guerre lorsqu’ils sont utilisés contre des civils.

À la Hague Initiative for Law and Justice, nous considérons que cette attaque constitue non seulement une violation des lois et traités internationaux, mais également une atteinte directe aux principes de justice humaine et à l’éthique de l’action internationale. Elle reflète une intention délibérée des autorités d’occupation de faire taire toute voix cherchant à révéler la souffrance quotidienne à Gaza. Cette attaque n’est pas seulement une opération de sécurité mais un avertissement à quiconque ose défier le blocus ou même en parler. L’occupation cherche non seulement à assiéger Gaza mais aussi à étouffer la conscience mondiale et à empêcher toute initiative humanitaire d’atteindre ou d’influencer la population.

Malheureusement, cette attaque — rappelant l’incident du Mavi Marmara — n’a pas encore suscité de réaction décisive des instances internationales compétentes. Le silence continu et la tolérance répétée de tels actes encouragent l’occupation et sapent la confiance dans le droit international et ses institutions.

Nous réaffirmons que l’arrestation de l’équipage du Madrin constitue une atteinte au droit, à la dignité humaine et à toute voix libre tentant de briser l’humiliation imposée à plus de deux millions de personnes à Gaza. De tels actes nécessitent des mesures juridiques et politiques sérieuses au-delà de la simple condamnation verbale.